samedi 3 décembre 2011

Économie de nuit & Fun city


Économie de nuit & Fun City…

Mardi le 29 novembre, des citoyens représentant Plateau Milieu de Vie (PMV), le comité des citoyens du Mile End, le comité des résidents De Lorimier et le comité des résidents de la rue Rivard rencontraient deux fonctionnaires de la division du développement économique et urbain (Arrondissement et Ville-Centre) dans le cadre de consultations sur ce qu’il est maintenant convenu d’appeler « l’économie de nuit ».  Jusque là, des consultations avaient été faites auprès certaines sociétés de développement commercial et d’organismes culturels.

La personne responsable du dossier à la Ville-centre nous a rappelé que la démarche se situait dans le cadre de la stratégie de développement économique de la Ville; le comité exécutif a demandé que l’on étudie le « …concept d’économie de nuit en émergence dans les métropoles du monde et de mesurer son applicabilité à Montréal, en tenant compte des besoins, du potentiel, des coûts et des retombées ».

Dans un court document de mise en contexte, on donne en exemple Sydney, Londres, Paris, Lyon et quelques autres, ainsi que « la charte de la qualité de la vie nocturne » de Grenoble, adoptée entre autres à Lille et Lyon.

Au cours de notre rencontre, tous se sont opposés au concept d’économie de nuit qui serait largement basé sur l’ouverture des bars jusqu’au petit matin.  Nous sommes allés jusqu’à dire que le statu quo était tout juste acceptable.  Et bien qu’il n’y ait pas de projet précis pour aller de l’avant avec l’étendue des heures d’ouverture des bars, on se souviendra de la sortie de Gilbert Rozon il y a quelques semaines et de sa proposition de créer une « Fun City » à Montréal, genre de foire 24/7 dans une zone délimitée par McGill à l’ouest, le fleuve au sud, Papineau à l’est et la track au nord… Un Cancun du Nord, quoi ! On se souviendra aussi que la réaction citoyenne ne l’avait pas trouvée drôle, en tout cas moins que le festival Juste pour rire… Mais le maire Tremblay et le directeur du SPVM eux, avaient trouvé que l’idée méritait d’être explorée.

Nous y voici donc…

Ce n’est pas une bonne idée. En fait, c’est une très mauvaise idée, une farce de mauvais goût.  Nous ne sommes plus là, et les villes que la Ville(!) cite en exemple ont de graves problèmes de sécurité, de bruit, d’incivilités, de saleté et de salubrité.  Certaines ont même chuté dans le palmarès des villes où il fait bon vivre et que les touristes recherchent. De plus, c’est déjà une « vieille idée ». En effet, ce concept a été mis de l’avant un peu partout il y a plus de 10 ans, et ses effets négatifs sur l’environnement urbain et la qualité de vie commencent à être étudiés et documentés.

Et pourquoi ça ne va pas? Nous avons fait notre petite recherche. Et si vous pensez que nous sommes puritains, réactionnaires et dépassés, eh bien! Think again!

Tout d’abord, les villes cherchent à attirer et à garder une population urbaine résidante pour la quelle il faut assurer une qualité de vie, une proximité de services et de commerces attrayants, tout en assurant aussi une certaine quiétude.  Voilà qui entre en en conflit direct avec une nuit agitée, animée par une faune jeune… très jeune, qui est « migrante » et n’habite pas en ville, qui boit toute la nuit, est très bruyante, pas toujours décente et trop souvent malpropre… Les exemples abondent : À Sydney, les photos sur Internet montrent une zone sinistrée tôt le matin, à l’heure où les travailleurs de jour sortent de chez eux… Joyeux spectacle avant le travail… À Lyon, on déclare carrément que la charte de qualité de la vie nocturne est complètement inutile parce que non-respectée. Chez-nous, même les citoyens représentant la rue Rivard, qui sont aussi les auteurs du code de bon voisinage » ont affirmé au cours de la réunion de mardi que trois ans plus tard, rien n’a changé dans le comportement de la plupart des établissements commerciaux ou de leur clientèle à l’endroit des résidents. À Paris, les « états généraux de la nuit » auxquels réfère le document de la Ville cachent un malaise profond et un fossé qui s’élargit entre les résidents-riverains en colère et des associations d’établissements insouciants et inconscients face aux problèmes qu’ils génèrent avec leur clientèle nocturne. Et dire qu’ici, sur le Plateau, la SDC de l’avenue du Mont-Royal essaie de nous faire croire que l’avenir est dans sa « charte de vie nocturne » et que la coercition est chose du passé… Allô? Il y a quelqu’un??   

Et les problèmes sont nombreux et difficiles à résoudre. Dans un excellent rapport, mais aussi dévastateur intitulé « London’s Night Time Economy, November 2005 »http://legacy.london.gov.uk/assembly/reports/econsd/night-time-econ.pdf préparé pour la London Assembly (le conseil de ville de Londres), la présidente du comité d’élus chargé d’étudier la question a offert des conclusions définitives et des recommandations audacieuses sur la question.  Dans le style direct et succinct qui caractérise les Anglais, le rapport est limpide sur les objectifs contradictoires de l’économie de nuit et les efforts de la City pour attirer de nouveaux citoyens.  Exposant clairement que la nuit (« after midnight ») on ne retrouve que des jeunes dans les rues de Londres, et que seuls les bars et clubs peuvent prospérer, à cause de la vente d’alcool. Le rapport démontre à quel point les problèmes de sécurité, d’incivilités, de salubrité et de propreté sont aigus; les « Boroughs » (arrondissements) n’ont pas les moyens d’assurer la sécurité ni de nettoyer les lieux.  Les gens d’affaires, pour leur part, admettent que seuls les bars peuvent espérer faire des profits, surtout à cause du coût des loyers commerciaux, ajoutant que de nouveaux bars signifient plus d’ivresse sur la voie publique avec les problèmes associés. Les choses sont à un point tel que les résidents ont identifié des « no-go booze zones » (zones d’ivresse à éviter), véritables zones sinistrées une fois les saoulons rentrés chez eux…

Le rapport recommande une meilleure coordination entre les Boroughs et la City, un mot à dire plus important des Boroughs dans la planification de l’aménagement urbain et du développement commercial, une limite à la concentration des bars, une obligation pour le propriétaire de bar de rendre les lieux acceptables sur le plan acoustique avant l’ouverture, et j’en passe… Mais surtout, avant de permettre l’ouverture de nouveaux établissements, ou la création de « zones nocturnes » le rapport recommande au préalable une consultation avec les Boroughs et les résidents.  Enfin, on suggère que les propriétaires d’établissements nocturnes soient tenus responsables du comportement de leur clientèle et qu’ils participent aux coûts associés à la sécurité et au nettoyage des lieux publics…

Wow!

Pour Montréal? Non. Pas ça.  La réponse, vous la trouvez sur St-Laurent et ses rues résidentielles limitrophes, entre Sherbrooke et Mont-Royal, les nuits de jeudi, vendredi, samedi et dimanche : C’est notre petit Cancun-en-Québec.  Trop grande concentration de bars pseudo-branchés, ultra-bruyants, nuits blanches garanties pour les résidents.  Vandalisme de voitures, défécations sur voie publique, cris et clameurs, saleté garantie au petit matin, pneus qui crissent à 4 heures du matin.  Autre avant-goût? Les bars de Rachel la nuit, où les interventions policières ciblées des dernières semaines ont résulté en plusieurs dizaines de constats d’infractions pour tapage nocturne, vandalisme, uriner sur la voie publique, boire sur la voie publique, etc, etc..

Alors vous voyez ça dans toute la Zone-à Rozon, où vivent peut-être 250,000 personnes? Vous aurez ça un peu partout, jusqu’à 7 heures du matin…

Nous, on ne veut pas.  Et vous ?

Donc, les consultations vont se poursuivre au cours des prochaines semaines, et un rapport devrait être déposé au Conseil exécutif de la Ville au cours de l’hiver.  Plateau Milieu de Vie suivra ce dossier.  La responsable du dossier à la Ville-centre nous a dit que nous pouvions compter obtenir une mise-à-jour au début de l’année 2012. 

Entretemps, n’hésitez pas à nous contacter, à vous informer, à poser des questions, à diffuser votre opinion sur le sujet. 

Enfin, si votre anglais vous y invite, je vous recommande de lire l’excellent rapport « London’s Night Time Economy ». C’est si bon, que c’est tout ce que vous vouliez savoir sur l’économie de nuit et que vous n’avez jamais osé demander.  Et après l’avoir lu, vous vous demanderez où s’en va Montréal avec ça, littéralement « Ten Years After », ou mieux, « Ten years too late »,… encore!

Denis Méthé
Pour PMV

Euh, j’oubliais : À qui profiterait cette économie de nuit, déjà?... Et, est-ce qu’ils restent en ville?


mardi 29 novembre 2011

Des nouvelles de nous

PMV a pris une courte pause depuis un mois. La gestion des horaires de tous n'est pas toujours facile mais n'affecte en rien notre motivation à poursuivre notre mission. Nous célébrons en cette fin de novembre notre premier anniversaire. En effet PMV est né de ce qu'il est convenu maintenant d'appeler  "la crise du stationnement". Pour rire un peu et se rappeler comment tout a commencé http://www.cbc.ca/news/canada/montreal/story/2010/11/23/plateau-parking-confrontation-council-meeting.html

Nous sommes passés de comité à mouvement citoyen au fil des mois. Nous avons été très actifs tant au conseil d'arrondissement qu'au conseil de ville...et toujours avec des sujets reliés à la qualité de vie en ville et aux enjeux particuliers à un quartier central comme le nôtre. Nous avons aussi réalisé notre projet de marché public, tous les dimanches de juillet à octobre: le marché de la Forêt Baldwin. Une action citoyenne formidable basée sur la solidarité et la convivialité.

 Nous sommes décidés à poursuivre le marché mais cette fois dans un "abri" semi-permanent qui nous facilitera la tâche. Si l'action citoyenne vous intéresse, faites nous signe. Notre joyeuse équipe de bénévoles est toujours prête à s'agrandir. Notre diaporama et d'autres photos sont aussi sur Facebook.

Nous avons aussi mené quelques batailles et nous avons même reçu une mise en demeure! Comme quoi, diverger d'opinion peut être difficile parfois. Nous avons beaucoup appris et nous apprendrons encore beaucoup. Notre mouvement se veut contemporain et cela commande de créer de nouvelles façons de faire, de se mobiliser, de s'entendre et de se faire entendre de manières différentes.
Nous abordons la mobilisation WEB 2.0 avec bonheur et enthousiasme. Vous pouvez maintenant nous suivre sur Twitter et bientôt sur YouTube. Dans les mois qui viennent quelques chroniques verront le jour sur le blogue et très bientôt nous vous inviterons à réfléchir avec nous sur le bruit, le partage de la ville et l'économie de nuit.
Ce n'est qu'un début. Longue vie à Plateau Milieu de Vie, longue vie à l'action citoyenne et surtout merci à tous!

samedi 29 octobre 2011

Compte-rendu du Conseil de ville du 24 octobre 2011 - Ajout sur les commerces de Laurier Ouest

Lundi dernier, 24 octobre se tenait le conseil de ville de Montréal, PMV y était et voici notre compte-rendu de la soirée.

D’entrée de jeu, soulignons que cette soirée s’est déroulée de manière parfaitement surréaliste. Il devait y avoir pas moins de 300 personnes dont de nombreux enfants qui fréquentent le bain Émard dans le Sud-Ouest, des participants d’Occupons Montréal, des citoyens de différents arrondissements et les éternels habitués. Chahut, tamtams, animation et cris de ralliement, une belle foule vivante comme on les aime ! Tellement bruyante que l’agente de sécurité chargée d’appeler les personnes inscrites à la période de questions du public, le faisait avec un porte-voix du haut des galeries surplombant le hall d’entrée de l’hôtel de ville. Complètement surréaliste! Dommage que les seuls journalistes présents aient été ceux de VOX. Parfois, nos médias manquent de belles occasions.


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La grande mobilisation des citoyens du Sud-Ouest contre la fermeture du bain Émard ressemblait à celle des gens du Plateau il y a une dizaine de jours autour, cette fois, de l’éventuelle fermeture du bain Schubert. Mais dans leur cas, le maire Dorais est peut-être moins à l’écoute de ses citoyens et ne semble pas vouloir reculer. La cible est bonne, la Ville-centre, car toutes ces coupures dans les arrondissements sont provoquées par le gel de la dotation des arrondissements. Les interventions des gens du Sud-Ouest étaient fort pertinentes et articulées. En l’absence du maire Tremblay, les réponses de M. Applebaum, président du comité exécutif se sont répétées ad nauseam :
« Les élus des arrondissements ne sont pas de bons gestionnaires et ils ne savent pas compter. Je suis prêt à rencontrer le maire Dorais pour l’aider à trouver des solutions. »
À ce moment-là, le hall de l’hôtel de ville est devenu TRÈS bruyant !!!

Du Plateau Mont-Royal, deux interventions de Mile-End pour tous, Pierre Pagé et Christine Schirardin, Richard Boutin et Linda Vallée pour Plateau Milieu de Vie et le lendemain, Carl Favreau représentant des commerçants de l’avenue du Parc et de Laurier Ouest.


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Vous avez sans doute pris connaissance de la lettre adressée au maire Tremblay par Mile-End pour tous. Claudine et Pierre sont revenus à la charge car ils avaient déjà mis la table au Conseil de septembre. Essentiellement, ils ont abordé les questions relatives à la taxe et à l’évaluation foncières. Ils ont rappelé que les propriétaires du Plateau ne sont pas nécessairement riches comme l’avait fait remarquer le maire Tremblay en septembre. Beaucoup ont des revenus fixes, d’autres des revenus fluctuants mais surtout, ils ont affirmé que nous voulons vivre à Montréal et que nous n’avons pas acheté nos maisons pour spéculer mais pour y vivre. Pierre Pagé a réclamé une commission d’étude sur la taxe foncière mais M. Applebaum a répondu que ce n’était pas nécessaire puisqu’il n’y avait pas d’autres façons de faire que le modèle actuel. Pierre lui a alors demandé pourquoi d’autres villes canadiennes dont Halifax et Vancouver avaient, elles, trouvé d’autres modèles plus équitables. À suivre…


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De notre côté à PMV, nous avons eu la chance de poser deux questions.
La première posée par Richard Boutin abordait le gel du financement des arrondissements en demandant à M. Applebaum si la ville centre avait l’intention de s’imposer les mêmes coupures de 5% dans la masse salariale et les services que celles imposées de facto aux arrondissements. Richard a également mis en lumière les coûts reliés aux conventions collectives des policiers et pompiers car en considérant qu'à eux seuls, ces deux services constituent presque le quart du budget de la Ville avec plus de $900 millions, et que leur masse salariale a augmenté de 5.1 et 8.1% respectivement en 2011, on serait en droit de s'attendre à une rationalisation de ce côté.
En question complémentaire, Richard Boutin a fait remarquer à M. Applebaum que l’article 34.02 de la convention collective des pompiers au chapitre des droits acquis stipule :
"La Ville continue de fournir gratuitement aux employés en service un espace de stationnement près de la caserne".
Selon nos estimations et le coût du stationnement à Montréal, les revenus de la Ville serait d’environ $2,4 millions, si on faisait payer les pompiers pour leur stationnement. Nous on paie une vignette, à quand la vignette pompier ?

M. Applebaum a tenté de démontrer que la Ville centre fait aussi des coupures de 1 000 postes. Au sujet des pompiers, il a dit vouloir regarder cela plus en profondeur tout en mentionnant qu’ils sont parfois sur appel et qu’ils travaillent sur des quarts de travail. Nous répétons qu’ils ne sont pas les seuls travailleurs sur appel et sur des quarts de travail. La ville en est remplie. Pour nous un droit acquis n’est pas un droit immuable.


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Autre sujet chaud parce qu’il devait être débattu le soir même, la modification du règlement permettant de soustraire à l'autorité des arrondissements les décisions relatives à la circulation locale, nommément le sens des rues et l'installation de dos d'âne ainsi que différentes mesures d'apaisement de la circulation, en les soumettant à l'approbation du SIM ou de l'administration centrale de la Ville.

Soulignant qu'au cours de la seule année 2009, 18 piétons sont morts à Montréal, fauchés par des automobilistes, qu'au cours des 10 dernières années près de 4000 enfants ont été victimes des automobilistes... on se demande ce qu'il en est de la sécurité des piétons à Montréal ? Linda Vallée a également rappelé que les principaux obstacles à la circulation des camions de pompiers sont davantage
  • les bouchons de circulation dans toutes les parties de la Ville, 
  • les voitures mal stationnées, 
  • les camions de livraison en double file, 
  • l'absence d'application du règlement interdisant le stationnement à moins de 5m d'une intersection
... et non les mesures d'apaisement introduites par les arrondissements pour sécuriser leurs rues locales et les abords des écoles ! Là on a eu droit à une ovation debout de la grande majorité des élus tous partis confondus. Retirer ce pouvoir aux arrondissements, c’est contribuer à maintenir les inégalités entre les citoyens des quartiers centraux et les autres. Quand on habite les quartiers centraux où il y a un grand volume de circulation de transit ainsi qu'un plus grand nombre de piétons, on a aussi le droit de vivre en sécurité, et ce tout autant que les résidents d'Outremont et du West Island.

La question :
« À la demande du CÉUM, du CRE, de Vélo Québec et de beaucoup d'autres acteurs montréalais M. Applebaum, allez-vous retirer votre proposition ? »

La réponse :
« Félicitation pour votre magnifique travail dans votre association ! Nous continuons à sécuriser les piétons à Montréal mais il faut tenir compte de l’avis des experts du Service des incendies. »
 Puis, il a fait la lecture des grandes lignes de la lettre du directeur du SIM :





Linda vallée n’a pas posé de question complémentaire mais servi un avertissement aux élus :
« Je demande aux élus de se comporter comme les dignes représentants de leurs citoyens, et non  en porte-parole d'associations corporatives qui démontrent, sous le faux prétexte de la sécurité, qu'ils n'ont pas à vraiment à cœur la sécurité des montréalais.
Car ne nous faisons pas d'illusion, en acceptant cette proposition soit disant motivée par l'intervention du directeur du SIM, Serge Tremblay, les membres du comité exécutif se font le porte-voix de l'Association des pompiers de Montréal, dont plus de 90% des membres n'habitent pas cette Ville ! »

Finalement, le débat s’est reporté au lendemain matin où les échanges ont pu se faire entre les élus suite à la présentation du directeur du SIM et la proposition transmise à la Commission des transports et des travaux publics, présidée par le maire de Saint-Léonard Michel Bissonnet. Le sujet devrait être étudié plus rigoureusement avec la contribution de différents experts et de citoyens, espérons-le. En principe, le dossier devrait refaire surface au printemps.

***

Mardi matin, justement, Carl Favreau, représentant des commerçants de l’avenue du Parc et de Laurier Ouest a déposé une pétition de plus de 450 signatures réclamant de la Ville centre des mesures de soutien aux commerçants du secteur pendant la durée des travaux dont la fin est prévue pour le printemps 2012. L’idée est d’éviter de se retrouver dans la même situation que les commerces du boulevard Saint-Laurent il y a quelques années. Plusieurs ont du fermer leur portes et d’autres se relèvent à peine de cette période sombre. L’impact a été fort négatif sur l’offre commerciale et la mixité.

La réponse de Richard Deschamps, responsable du développement économique :
« On en fait déjà beaucoup avec notre bureau d’information au coin de Villeneuve et je vous confirme que la rue Laurier Ouest sera complètement fermée à compter du 26 octobre et ce jusqu’au 6 décembre. »
Donc, non seulement plus de clients, mais de gros problèmes de livraison en perspective et juste avant la grosse période des fêtes de fin d’anné...


(AJOUT)

Les pressions exercées depuis plusieurs semaines semblent avoir trouvé bon entendeur finalement, malgré le peu d'espoir qu'on aurait pu entretenir suite à des interventions comme celle de M. Deschamps mardi matin.
Le 29 octobre, Carl Favreau, président de l'Association des commerçants de l'Avenue Laurier Ouest, nous communiquait l'information suivante :
GRANDE NOUVELLE :
L'Avenue Laurier Ouest RESTERA OUVERTE POUR LA PÉRIODE DES FÊTES 2011. Les travaux sur l'Avenue Du Parc, intersection Laurier,  seront reportés à une date ultérieure en 2012.
Suite au dépôt  de notre pétition au Conseil de la Ville centre de Montréal, le 24 octobre dernier (plus de 415 signatures obtenues), où l'on demandait un support financier pour les pertes encourues devant l'ampleur des travaux, notamment face à la fermeture de l'accès à l'Avenue Laurier Ouest par le blocage du tronçon situé entre l'Avenue Du Parc et la rue Hutchison pour une période de un mois et plus, cela sans avertissement écrit de la part du bureau de communication situé au coin des rues Villeneuve et Avenue du Parc où siège l'agent de liaison, monsieur Mario Patola ;
Ainsi que suite aux nombreuses plaintes formulées par plusieurs commerçants aux deux arrondissements, Plateau Mont-Royal & Outremont ;
Une réunion d'urgence a été convoquée le 28 octobre en soirée, où les dirigeants affectés au dossier des travaux publics de la Ville-centre de Montréal ont pris la décision de cesser tous les travaux pour cette période.
Merci à vous pour cette précieuse collaboration.

vendredi 28 octobre 2011

Mobilisation autour des Amis du Bain Émard dans le Sud-Ouest de Montréal

La piscine Schubert sur le Plateau est sauvée... mais la bataille pour le maintien de services de proximité essentiels à la qualité de vie urbaine continue ailleurs.

Rendez-vous à la mairie d’arrondissement du Sud-Ouest de Montréal 
(815 rue Bel-Air, métro Lionel-Groulx)
mardi 1er novembre 2011 à 18h
afin de manifester bruyamment notre attachement au Bain Émard.
Venez en grand nombre, apportez ballons, maracas – il faut se faire entendre !! 
La fermeture de cette installation représenterait une trop grande perte pour le Sud-Ouest.


Au plaisir de faire du bruit avec vous mardi soir prochain.
En attendant, n'oubliez pas de signer la pétition !

vendredi 21 octobre 2011

Dépôts sauvages : point intermédiaire sur la situation

Vous le savez, le 5 septembre dernier nous lancions une grande opération de chasse aux dépôts sauvages. Une nouvelle équipe spécialement dédiée à leur collecte dans l'arrondissement venait d'être mise sur pieds, et il nous semblait important que les citoyens y participent car ils voient souvent des choses que le personnel de la ville ne voit pas. Une quarantaine de sites de dépôts sauvages systématiques a été répertoriée par l'arrondissement, et ces sites sont fréquemment patrouillés par la nouvelle équipe pour être nettoyés.

De Chasse aux dépôts sauvages, automne 2011

À cela s'ajoutent les signalements des résidents et de PMV au 311, et notre expérience ainsi que l'intervention de Mme Gosselin, attaché au cabinet des élus, nous a montré qu'il existe des façons de faire qui permettent la prise en compte plus rapide du problème. Voici donc des informations utiles :
  • Un dépôt sauvage c'est 
    • un tas d'ordures (ménagères, rebuts de construction, meubles et fournitures, petits appareils, etc.) qui se trouve là où il ne sera pas ramassé par la prochaine collecte régulière - en ruelle, sur un terrain vague, etc. ;
    • des déchets dangereux laissés n'importe où n'importe comment (matières toxiques, verre ou miroir cassé...). Dans ce cas il faut spécifier qu'il est question d'une intervention rapide, une catégorie à part.
  • Le dossier s'ouvre à partir d'une adresse civique : il faut donc noter le numéro de porte le plus proche, quitte à donner par la suite des indications plus précises quant à sa localisation exacte
  • Parfois on peut identifier le coupable (sacs qui pourraient receler des preuves d'identité, ou immondices clairement associables à un immeuble). Dans ce cas, le citoyen peut demander qu'un inspecteur se rende sur place pour tenter une identification qui mènerait à une contravention. Après coup, l'inspecteur fait ramasser.
    Attention, cette option ralentit le processus d'enlèvement, donc à proscrire dans le cas de matières dangereuses.
  • Il est préférable de noter le numéro de demande : cela permet un suivi plus efficace si on constate que le dépôt n'est toujours pas ramassé après plusieurs jours.

De Chasse aux dépôts sauvages, automne 2011

Nous avons reçu plusieurs signalements de dépôts sauvages qui malgré leur apparence rebutante n'en étaient pas à proprement parler. Les jours de ramassage des ordures, il est inévitable que nos rues se voient bordées par une intéressante collection hétéroclite de sacs de vidanges, de meubles plus ou moins petits, de déchets de toute sorte. D'ailleurs la plupart du temps ces tas sont ramassés avec la collecte régulière, c'est rare qu'ils restent sur le bas-côté.

Mais ça arrive, et il est alors important de faire le suivi, de préférence avec le numéro de demande :
  • en appelant le 311 directement
  • ou bien en communiquant avec nous et en nous donnant les informations nécessaires pour que le fassions

Un signalement idéal - celui que nous pourrons facilement faire et suivre à votre place auprès du 311 - se compose comme suit :
  1. date 
  2. heure approximative 
  3. adresse civique + indications supplémentaires si nécessaire 
  4. description rapide du dépôt (cette description n'est pas nécessaire si vous nous envoyez une photo, que nous ajouterons à notre galerie)

De Chasse aux dépôts sauvages, automne 2011

Le temps de ramassage a beaucoup diminué depuis qu'une équipe dédiée travaille sur ce problème. Mais comme tout est toujours perfectible... continuons nos efforts ! Rdv le 1er décembre pour un bilan.

lundi 17 octobre 2011

Mile End pour tous et toutes: lettre au maire Tremblay

Dans la foulée du dernier conseil de ville et celui du 24 octobre prochain, voici une lettre du comité Mile End pour tous et toutes. Nous vous invitons à vous joindre à nous à l'hôtel de ville dès 18H, lundi prochain. Les enjeux sont majeurs pour tous les citoyens et les commerçants du Plateau.
Bonne lecture!




Montréal le lundi 17 octobre 2011


Monsieur le Maire Gérald Tremblay
Hôtel de Ville de Montréal
275 Notre-Dame Est
Montréal QC H2Y 1C6


Monsieur le Maire,

Résidents et résidentes du Mile-End dans le Plateau Mont Royal, regroupés sous le
nom de « Le Mile-End pour tous et toutes », nous revenons vous déposer notre demande pour le compte de taxes de 2012, soit un moratoire sur toute augmentation du compte de taxes municipales à Montréal.

Cette demande signifie une baisse du taux d'imposition sur l’évaluation foncière afin que l’augmentation du compte de taxes soit nulle en 2012. Car cette évaluation a explosé partout mais plus particulièrement dans notre arrondissement, en raison de la spéculation dans le Plateau. Cette hausse de la valeur des propriétés, même étalée sur trois années, combinée au taux d’imposition adopté pour l’année 2011, a entraîné une hausse de taxe exorbitante qui n’a aucune commune mesure avec celle de nos revenus.

Notre logique demeure de permettre aux propriétaires et aux locataires ayant des revenus modestes ou fixes de rester dans le quartier. Elle est en cohérence avec les voeux de nos assemblées publiques de janvier, mars et juin 2011:

Le principe fondamental qui anime notre groupe Le MileEnd pour tous et toutes en s'opposant aux hausses exorbitantes de taxes est de préserver la mixité du quartier pour éviter que s'effrite le tissu social du quartier où demeurent des locataires et petits propriétaires à faibles et moyens revenus, artistes avec des revenus précaires et retraité/e/s avec des revenus fixes, des travailleurs/euses autonomes pour prévenir que le quartier se vide des personnes qui s'y sont établies il y a longtemps, avant la gentrification, et que le quartier continue de demeurer accessible à ces personnes.
Nous vous avions demandé dans notre lettre du 4 février 2011 que notre compte de taxes n'augmente pas plus que le taux d'inflation, ce qui fut loin d'être le cas. Les payeurs de taxes foncières du Plateau, comme ceux de plusieurs autres arrondissements, ont fourni un effort exceptionnel en contribuant pour 30M$ de plus que l'année précédente aux revenus de la Ville de Montréal. Cette hausse de taxe affecte autant les propriétaires que les locataires sur qui elle se répercutera inévitablement.

Au cours de l’année, certains résidents, ainsi que des commerçants qui ont aussi été affectés par ces hausses nous ont informés de leur incapacité à payer ces hausses. Nous avons constaté que certains d'entre eux ont dû quitter le quartier. Et cela est en voie de se répéter en 2012! Nos représentants sont allés questionner votre administration à ces sujets lors des assemblées du conseil municipal de la fin juin et du 26 septembre, et aussi de la commission des finances de la mi-juin puis de la mi-septembre 2011.

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Lors de l'intervention de notre représentant, Monsieur Pierre Pagé, durant la période de questions à l'assemblée du conseil municipal du 26 septembre dernier, vous avez répondu que vous deviez uniformiser l'évaluation foncière à Montréal afin de rendre plus équitable la taxation foncière. Nous avions bien compris cela. Puis vous avez ajouté en aparté pour les membres du conseil: de quoi ces propritéaires se plaignent-ils puisque la valeur de leur propriété augmente sans cesse?

Monsieur le maire, comprenez-nous bien: nous avons choisi de vivre à Montréal, dans ce quartier, pour y vivre, y travailler et y élever nos enfants parce que ce milieu nous plaisait et que les prix  demeuraient abordables pour des gens à revenus moyens ou faibles. Nous n'avons pas acheté une propriété dans le Mile-End pour la revendre et y gagner un profit. Nous voulons continuer d'y vivre et d'habiter la ville de Montréal.

Nous rappelons sans cesse que malgré l’image de quartier branché très médiatisée du Plateau Mont-Royal, les statistiques récemment publiées par la Ville de Montréal ainsi que par la direction de la Santé Publique de Montréal confirment la forte présence de personnes à faibles revenus. À l’échelle de l’arrondissement, 74% des ménages sont locataires et deux sur cinq d’entre eux consacraient déjà en 2006 plus de 30% de leur revenu au loyer.

Voilà donc les raisons profondes de notre demande pour le compte de taxes de 2012, soit un moratoire sur toute augmentation du compte de taxes municipales à Montréal. Nous savons aussi que nous ne sommes pas seuls à être inquiets : d’autres citoyen/ne/s du Plateau se sont regroupés sous le nom « Vivre sur le Plateau » et de «Plateau milieu de vie». Des citoyens du Sud-ouest et de la Petite-Patrie partagent nos vives préoccupations.

Par ailleurs, veuillez bien noter que nous appuyons la Ville de Montréal dans ses démarches auprès du gouvernement du Québec pour un système de taxation pour les municipalités plus équitable, anti-spéculatif et basé sur les revenus des citoyens et citoyennes afin de corriger les injustices fiscales que le système actuel occasionne. Et nous soutenons aussi ses recherches de revenus importants autres que fonciers pour les municipalités.

En attendant d’avoir une réponse de votre part, nous vous présentons, Monsieur le Maire, l’expression de nos salutations distinguées.


Le Mile-End pour tous et toutes représenté par :


Pierre Pagé, 5284 rue Waverly,
Sophie Bissonnette 5350 rue Waverly
Claudine Schirardin, 5341 rue Jeanne Mance
Martin Duckworth, 4618 rue Jeanne-Mance
Sakina Benhima, Pascal Guy, 5264 rue Waverly

Pour information:
Pierre Pagé, 5284 rue Waverly, Montréal H2T 2X7, 514-276-9915, pagpierre@yahoo.ca


cc. M. Michaël Applebaum, Mme Louise Harel, M. Richard Bergeron
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samedi 15 octobre 2011

Couper dans les dépenses, mais dans lesquelles ?

À l'approche du 20 octobre, date à laquelle l'arrondissement remettra son budget, commencent à se faire les annonces concernant les coupures à venir. Hier matin a été annoncée la fermeture de la piscine Schubert sur le boul. St Laurent.
Pour mémoire, le Plateau Mont-Royal - mais pas seulement lui : plusieurs autres arrondissements de quelque  obédience  politique  que ce soit - se retrouve cette année au pied d'un mur longtemps repoussé, celui du déficit. Les taxes augmentent sans cesse sur notre territoire, mais c'est à la ville centre que nous les payons, puis elle les redistribue aux arrondissements. Cette redistribution ("dotation") avait été créée lors des fusions afin de convaincre les nouveaux arrondissements qu'ils auraient encore une marge de manoeuvre en se joignant à la ville de Montréal "nouvelle mouture".

Aujourd'hui, bien que les impôts fonciers de tous, résidents ET commerçants, augmentent à des vitesses faramineuses, en contrepartie de quoi nous serions tous en droit d'attendre des services publics de qualité et en amélioration constante, la ville centre, en empochant les taxes sans revoir ses calculs de dotation, oblige les arrondissements à couper des services. Le Sud-Ouest fermera le bain Émard ainsi qu'une bibliothèque (section adultes), le Plateau a annoncé ce matin qu'il fermera la piscine Schubert.

À PMV, on est très curieux : combien va-t-on économiser grâce à cela ? Et surtout, n'y aurait-il pas d'autres avenues à explorer ?
Prenons l'exemple du bac de compostage :
  • projet pilote instauré en 2008 pour environ 3000 portes dans l'Est du Plateau, périmètre un peu étendu par la suite, 1 bac brun + 1 bac de comptoir fournis à chaque porte
  • beaucoup de participation aux débuts (Le Devoir), mais on constate très clairement un essoufflement depuis plusieurs mois : il n'y a pas eu de nouvelle campagne de communication à cet effet hors des rappels concernant la gestion des vidanges en général, et notamment pas de campagne d'information en période de déménagements (combien de bacs partent d'ailleurs sous d'autres cieux avec leurs locataires ?)
  • un parti-pris que "le compostage, c'est facile", alors qu'il y a des exigences majeures à respecter, comme en particulier l'équilibre entre matière sèche et humide pour que la décomposition se fasse sans dégagement de "jus" nuisibles pour l'environnement
  • une puanteur hors du commun tous les mardis matins dans les rues (jour de ramassage), parce que le bac brun accepte supposément *tous* les déchets de table, carnés autant que végétaux, alors qu'il n'est ramassé qu'une seule fois par semaine,
  • ce qui a mené plusieurs foyers à abandonner cette pratique (cf. le nombre diminuant des bacs sortis), pour se concentrer sur leur bac de compost domestique lorsqu'ils en ont un, car avant d'empester sur leur perron, ça empeste aussi dans la cuisine, sans parler des vers ni des mouches
PMV se pose des questions sur l'utilité vs. le coût de cette mesure, qui, si l'on comprend le budget tel que disponible en ligne, est comprise dans un poste qui a augmenté de plus de 20% entre 2010 et 2011. Bien sûr, elle va dans le sens de la réduction des déchets, mesure comprise dans les plans de développement de la ville. Mais... est-on vraiment capable de gérer et de payer ce programme ? Les habitants du Plateau sont certes sensibilisés au-delà de la moyenne aux questions environnementales, il n'en reste pas moins qu'il y a, en amont de la pratique à grande échelle, un énorme besoin d'éducation.

D'autre part, les déchets "réguliers" (vs. sacs de recyclage) sont actuellement ramassés 2 fois par semaine, par le privé, alors que les cols bleus ramassent le recyclage 1 fois par semaine. Si on économise sur les travaux de voirie quand on les fait en régie, ça doit être vrai aussi sur le ramassage des ordures ? Pourquoi ne pas ramener celui-ci à 1 fois par semaine, fait par les cols bleus ? Augmenter l'incitatif à recycler en diminuant celui de simplement jeter "ce qui reste" aux poubelles sans distinction...
    Enfin, PMV s'interroge : SDC et CDEC ? Entre les Sociétés de développement commercial, exclusives aux artères commerciales qui s'en sont doté (ce n'est pas le cas de toutes les rues à commerces, cf. Prince-Arthur, Duluth ou Rachel), et la Corporation de développement économique et communautaire, qui couvre l'ensemble du territoire et de l'activité économique, il y a manifestement double emploi. Or chacune de ces instances reçoit des subventions tirées des fonds publics... sans compter que les SDC ont négocié une entente avec la ville centre lors de la crise du stationnement selon laquelle elles seront directement financées par elle. N'oublions pas que ces messieurs Tremblay, Applebaum et Deschamps, qui obligent à couper les services au citoyens, assurent les commerçants de leur soutien indéfectible. Quel que soit le montant de leur "fonds de dynamisation", il nous semble logique que le financement qui est réservé aux SDC dans les budgets d'arrondissement devrait être levé.


    L'arrondissement se trouve face à des choix difficiles, mais en fermant une piscine à court-terme, est-on en train de couper au bon endroit alors qu'on pourrait réorganiser les dépenses à long-terme ?

    vendredi 7 octobre 2011

    La rue Franchère, de stationnement à parc linéaire

    Si vous habitez l'Est du Plateau, et en particulier si vous empruntez la piste cyclable sur Rachel Est, vous ne pouvez avoir manqué les travaux récemment entrepris sur la petite portion de la rue Franchère, entre Terrasse Mercure et Rachel.

    La rue Franchère au début de l'été 2011,
    fermée à la circulation automobile.

    1 semaine avant la rentrée des classes, les travaux commencent.
    Il était temps.
    Cette toute petite rue en sens unique vers le sud comptait 8 places de stationnement, entre l'église et la cour de l'école. L'une des sorties de la cour donnait sur le trottoir de Franchère, extrêmement étroit à cet endroit : difficile d'y passer avec une poussette, ce qui est pourtant le cas de nombreux parents venant chercher leur "grand" à l'école accompagnés du "petit".

    Désasphaltage de la chaussée, disparition des trottoirs.
    Plusieurs personnes ont été témoins de presqu'accidents sur cette minuscule rue car en hiver, le trottoir, en plus d'être mal conçu, était mal déneigé à cause des lampadaires plantés en son milieu. Il arrivait qu'un enfant glisse et tombe directement sur la chaussée, alors qu'une voiture s'engageait dans la rue ou quittait son stationnement.
    Mise à niveau du sol en gravelle entre la cour de l'école
    et le terrain gazonné de l'église.
    Cette portion de la rue Franchère a été fermée à la circulation à l'hiver 2010-2011. Pendant quelque 8 mois terrain plus ou moins vague, à l'usage indéfini, et délimité par 4 pots de ciment disgracieux, elle a récemment subi une transformation radicale, qui en fait à présent le prolongement naturel du parc Baldwin.
    Aménagement d'une saillie de trottoir sur Terrasse Mercure
    à l'entrée du nouveau parc linéaire.
    Des bancs et du gazon sont posés, des terre-pleins
    sont préparés sur la saillie pour le verdissement.
    C'est une très belle réalisation qu'il faut souligner, et qui s'est d'ailleurs faite dans le calme contrairement aux changements apportés autour des écoles Laurier et Bruchési depuis le printemps. Bien évidemment la disparition de cette rue a bien moins d'impact en termes de circulation, mais sans doute que son côté excentré par rapport aux artères commerciales a joué également.

    Les enfants disposent désormais d'un accès sécuritaire vers la cour de l'école,
    et les parents d'un espace dégagé et verdi pour les attendre à la sortie des classes.
    Nous ne pouvons toutefois nous empêcher de remarquer que la sécurisation des abords d'une école, aussi spectaculaire soit-elle dans ce cas, passe également par l'entretien constant de marquages au sol de qualité. Autour de cette école, aucun des marquages attendus aux intersections n'est plus visible cet automne, et ils n'ont d'ailleurs pas été refaits au printemps dernier. En particulier plusieurs passages piétons jaunes seraient bienvenus, pour traverser Fullum (qui au passage est une voie de camionnage) d'un côté, Chapleau de l'autre. Les ralentisseurs ne sont pas suffisamment mis en évidence à l'attention des automobilistes qui, lorsqu'ils ne les prennent pas à pleine vitesse, doivent freiner brutalement 2m avant car ils n'avaient pas ralenti leur cadence plus tôt.

    Rappelons que ce qui empêche les enfants d'aller à leur école de quartier à pied ou à vélo, c'est le sentiment d'insécurité dans la rue. S'il est absurde de rêver d'un monde sans auto, il est toutefois souhaitable que les autos présentes soient plus alertes et alertées par l'environnement physique ET par la signalisation.


    Nous espérons qu'une fois les travaux du parc Baldwin terminés, ces détails seront réglés rapidement. En attendant, profitons de ce très joli parc qu'animent les joyeux cris d'enfants d'une cour d'école primaire ! Quel nom pourrait-on proposer ?

    jeudi 22 septembre 2011

    Réflexions sur les propos de François Cardinal sur les mesures d’apaisement sur le Plateau

    Bonjour mes voisins,

    Je respecte beaucoup François Cardinal de La Presse. Il est plein de bon sens et réfléchi. J’aime le lire.

    Vu comme lui de l’extérieur, il a raison. Il pense global comme ce devrait être idéalement. Les transports en commun sont la solution, mais qui, en haut lieu, s’est vraiment soucié de penser global avant les bouchons brûlants de cet été? On pense par morceau et ça prend un grand mélodrame au Québec pour qu’on se réveille. Mais se réveiller ne veut pas dire agir.

    Vu de l’intérieur, c’est une autre paire de manches que tout le monde semble ignorer. Les médias ont donné la parole aux contre. Les pour ont été écartés. Si bien que si tu es pour, tu passes pour antisocial, puisque le bien-être de la population de la grande région de Montréal est en jeu!

    Sait-on que depuis vingt-cinq ans maintenant, les gens du Plateau se plaignent du nombre de voitures (et il y en a de plus en plus), de leur vitesse, de la pollution atmosphérique, d’insécurité et du bruit. Depuis le début des années 80,  on en a des échos dans les articles de journaux, dans de multiples plaintes au Conseil de quartier, comité de la rue Christophe Colomb, comité de la rue Rivard,  Association des résidents et résidentes du Plateau,  Rue pour tous avec Christian Boulais, un autre avec Luc Ferrandez, les Colombos du Plateau, le Comité de circulation de la Maison d’Aurore composé de neuf comités de rues différentes. J’ai été mêlée à presque tous.  Grâce au dernier comité, nous avons pu enfin aller sur la place publique et nous faire entendre.

    Pendant près de cinq années, des milliers de personnes sont venues nous voir, discuté avec nous, marché avec nous, protesté avec nous, affiché dans leurs fenêtres Maximum 30 et Trop d’autos trop vite, aidé à planifier le PDU citoyen qui a mis de la pression sur l’administration de l’arrondissement puisque c’est de son ressort maintenant, et Michel Labrecque a péniblement sorti le PDU qui nous promettait des changements assez timides d’ici 2025. Et pourtant le constat était déjà clairement établi dans le Plan de transport et le Plan d’urbanisme de la Ville au début des années 90. Il y a de quoi s’énerver.

    De sorte que quand Luc Ferrandez s’est présenté aux élections avec un programme qui répondait enfin à nos espérances, nous l’avons élu avec sa gang au complet. Et de plus, il connaissait notre impatience. Dans toutes les villes de l’Île, fusionnées ou défusionnées, on connaissait le problème galopant posé par la circulation de transit et on agissait pour le bien-être de la population et on continue de le faire. Mais dans les quartiers montréalais, nenni.

    À Québec, il n’y a qu’un problème : la fluidité. À Montréal, l’apaisement de la circulation, c’était et c’est toujours le dernier des soucis malgré les recommandations que l’on peut lire dans de multiples rapports parus au cours de la dernière décennie. Ne pas toucher - c’est un sujet impopulaire. Et il y a plus important.

    Il aurait donc fallu comme François Cardinal le suggère, attendre que la solution vienne de l’extérieur. Mais d’après notre expérience, dans 50 ans ce ne sera toujours pas réglé de la façon que c’est parti. J’ai bien peur que je serai morte bien avant…

    On admire les reportages de Gentile à Radio-Canada sur Stockholm, on cite en exemple ce qui a été fait à Portland, au Danemark, en Allemagne, Paris, etc. Il y a plein de conférences sur l’aménagement des villes, etc. Quelques rares journalistes ont fait allusion à l’environnement en glissant rapidement. On dit deux mots positifs des intentions du maire, et ensuite on passe aux doléances… Et si Ferrandez parlait des vraies choses pour le présent et l’avenir, pas juste pour le Plateau, mais pour une vraie vie urbaine montréalaise? Et que les familles y trouvaient leur bonheur ?

    François Cardinal a dit que tout était dans la manière. Quand il s’agit d’autos, il n’y en a pas de manière. Quelle que soit la formule, ça crie! Pas dans ma cour! Touches-y et tu vas voir! Et c’est ainsi partout dans le monde, pas juste sur le Plateau. Volonté politique, vous connaissez?

    Les médias nous ont appuyés quand nous dénoncions la situation au Comité de circulation. Maintenant qu’on est dans la réalisation, ils sont partis du côté des chialeux qui sont ma foi admirablement bien servis! L’émotion, ça parle! Et pourtant, on ne les a pas fait disparaître les 10,000 voitures concernées, on leur a juste demandé de passer matin et soir sur les artères tel que voulu par la hiérarchie des rues. À la vitesse qu’elles passent, elles n’ont pas envie de s’arrêter, c’est facile à voir. 10,000 véhicules dans une mer de 625,000… De plus en plus, les gens qui ont cru les messages alarmistes de tout un chacun et qui nous ont évités pendant des mois, nous font avec surprise la remarque suivante : « Mais c’est comme avant, ça passe très bien et il y a toujours du stationnement ». Mais bien sûr.

    Car voyez-vous, de toute façon, les automobilistes ont trouvé dans leur bouillon de rage d’autres chemins et Christophe-Colomb a presque autant d’autos qu’avant au sud de Mont-Royal. Il aurait suffi que le Maire de Montréal apaise les esprits et chacun aurait trouvé son vrai chemin. Il a délégué la responsabilité aux arrondissements, mais il a droit de vie ou de mort dessus. Il passe par des voies détournées.  Non seulement les émotions sont privilégiées, mais il fait de la politicaillerie! Ça paraît bien auprès des contre. Je rêve de remplir de ciment les cônes de la rue Gilford… Mais chut!

    Derrière notre maire d’arrondissement, il y a pourtant les besoins d’une population de près de 103 000 citoyens pas juste des marchands. Ma rue étroite a été apaisée en inversant un segment. Jamais je n’aurais cru, depuis trente ans que j’y habite, que je pourrais jouir d’une telle qualité de vie. Ça ne concernait qu’une bien moindre quantité de voitures, soit, mais elles n’étaient pas au bon endroit. Mais il a fallu au moins 15 ans de lamentations pour y arriver.

    Le Maire Tremblay oublie-t-il que ses services centraux ont supervisé le projet piloté dans l’arrondissement par un comité aviseur et des spécialistes, en plus de rencontrer des recommandations que l’on trouve dans le PDU du Plateau préparé par des membres de son propre parti et l’argent des citoyens? Dans ce domaine, encore faut-il être sensibilisé. Il faut y aller avec des essais, erreurs, corrections, on n’a pas le choix. L’automobiliste est une drôle de bibitte souvent imprévisible. 

    En tant que résidente, moi aussi je me sens, dans cette saga, un bouc émissaire, car je suis solidaire et j’en souffre. Ma foi, je vais arrêter de me cogner la tête contre les murs. Je constate que nous n’avons pas d’autres solutions que de crier fort et d’être télégéniques! De plus, que ce n’est pas tellement la raison qui prime mais le bruit.

    Huguette Loubert,
    Membre de Plateau milieu de vie

    lundi 19 septembre 2011

    MISE EN DEMEURE DE PLATEAU MILIEU DE VIE PAR LA SOCIÉTÉ DE DÉVELOPPEMENT DE L'AVENUE DU MONT-ROYAL ET SON DIRECTEUR



    Il faut le voir pour le croire... Mais oui ! Les avocats de la SDMAR ont déposé au greffe de la Cour supérieure du Québec et signifié à PMV le 16 septembre 2011 une mise en demeure nous enjoignant de retirer des propos jugés diffamatoires à l'endroit du directeur général de ladite société et de ses membres, et nous enjoignant au passage de cesser de publier ce genre de propos.

    Quand même, mettre en demeure une association citoyenne qui ose contester les méthodes d'une association de commerçants qui nuit aux intérêts de ses propres membres en persistant à crier haut et fort, à qui veut l'entendre, que "c'est l'enfer sur le Plateau"... il faut vraiment le faire, surtout que PMV se veut le porte-parole de nombreux citoyens-résidents qui achètent la plupart de leurs biens et services de ces mêmes commerçants.

    Signifiée à deux membres de Plateau Milieu de Vie, en leur donnant des titres qu'ils n'ont pas, la mise en demeure demande à PMV de retirer certains propos placés sur son Blogue/Facebook dans le texte "Le budget, la taxe spéciale et les commerçants", publié le 8 septembre 2011.

    Nous vous invitons à lire (ou relire, le cas échéant...) notre texte du 8 septembre.  Il s'agit d'un texte d'opinion, qui ne va sans doute pas dans le sens de celle de la SDAMR, exprimée la plupart du temps par son porte-parole, mais cela demeure une opinion, nous y tenons, et nous y avons droit.  Et nous croyons savoir que de nombreux commerçants de l'avenue ne partagent pas l'opinion de leur SDAMR sur plusieurs aspects de la stratégie adoptée par l'association dont le rôle premier est de les représenter.

    La diffamation peut prendre diverses formes, et tous se doivent d'éviter de tenir des propos qui peuvent entacher la réputation personnelle d'autrui; toutefois, les personnes qui ont une charge publique, ou qui représentent publiquement des intérêts corporatifs (comme c'est le cas ici), doivent s'attendre à subir des critiques, souvent acerbes, tout comme elles expriment elles-mêmes de telles critiques dans le cours de l'exercice de leurs fonctions. Aussi, au Québec, la nature diffamatoire des propos s’analyse selon un point de vue objectif: il faut :« se demander si un citoyen ordinaire estimerait que les propos tenus, pris dans leur ensemble, ont déconsidéré la réputation d’un tiers »

    C'est ce qui nous a guidé dans la révision des propos que l'on retrouve dans le texte cité ainsi que dans ceux qui ont suivi sa publication.  Nous n'avons pas retenu les propos dénoncés qui s'adressent à la corporation de la SDAMR. Ainsi, de dire "les commerçants entrent en guerre avec le maire de l'arrondissement avec une campagne de salissage et d'accusations mensongères", ne constitue pas en soi une diffamation.  Nous croyons que c'est ce qu'ils font, et ils ne croient pas que ce soit le cas. Opinions divergentes, oui; diffamation, non.

    On ne peut retenir non plus les propos dénoncés tels: "Ce même directeur a refusé de participer à des comités de travail... avec des citoyens et des élus, ou il s'en est retiré en claquant la porte". Encore ici, la réputation comme telle de la personne n'est pas attaquée; on fait état de connaissances d'événements qui, s'ils peuvent être contestés par la personne intéressée, n'en demeurent pas moins du domaine des éléments connus de plusieurs autres personnes.  De telles assertions n'attaquent pas la personne elle-même, mais bien ce qu'elle a fait.

    Nous avons par contre retenu des propos exprimés sur le Facebook de PMV, que nous avons convenu de retirer. Nous ne les reproduirons pas ici, justement puisque nous les retirons.

    PMV se promet de porter une attention particulière aux propos qui pourraient à l'avenir porter à l'atteinte de la réputation de tout individu ou personne morale.  Il faut toutefois comprendre que, fondamentalement, nous ne partageons pas les opinions des représentants de la SDAMR, et nous sommes de plus en plus convaincus que leur stratégie nuit au commerce local, donne mauvaise presse au Plateau Mont-Royal, et ne favorise pas le développement de l'avenue dans un esprit ouvert de collaboration entre les résidents, les élus et les commerçants.  Et tant que cette campagne, cette stratégie et cette attitude des représentants des commerçants ne changeront pas, les choses risquent d'empirer pour tous les intéressés.

    Et nous, à PMV, continuerons  et intensifierons nos écrits et nos actions jusqu'à ce que cesse cette campagne, qui nuit aux commerçants, et dirigée principalement contre une administration élue par une forte majorité, avec sept (7) élus de la même allégeance.  Car si elle est dirigée contre les élus, cette campagne est alors dirigée contre nous, les citoyens d'ici.  Et cela, c'est l'insulte suprême en démocratie. Et nous ne l'accepterons jamais...

    Denis Méthé, LL.L,
    Pour Plateau Milieu de Vie

    jeudi 8 septembre 2011

    Le budget, la taxe spéciale et les commerçants

    L'arrondissement Plateau Mont-Royal vient de lancer le débat autour de la dotation entre la ville-centre et les arrondissements. En moins de 24 heures, les arrondissements du Sud-Ouest et d'Anjou ont uni leur voie au PMR et il est facile de croire que d'autres suivront.

    Les commerçants de l'avenue Mont-Royal semblent être les premiers à se prononcer contre la levée d'une taxe spéciale pour contrer le déficit anticipé. Les citoyens eux ne semblent en avoir que pour les derniers changements de sens de quelques rues locales. Dans ce contexte nous croyons utile de rappeler quelques faits, histoire de bien se comprendre.


    Automne 2010. Les commerçants de l'AMR entrent en guerre avec le maire de l'arrondissement avec une campagne de salissage et d'accusations mensongères avec des affiches dont la Société de Développement de l'Avenue du Mont-Royal n'a même pas payé de droits d'auteur au photographe. Précisons ici que les restaurateurs se sont tous abstenus de placarder cette affiche et que quelques autres commerçants indépendants ainsi que les institutions financières et la SAQ ont fait de même.

    Les résidents qui achètent dans ces commerces se sont sentis insultés et non respectés puisqu'ils avaient voté majoritairement pour l'équipe du maire Ferrandez et son programme incluant différentes mesures d'apaisement de la circulation. Le directeur de la SDAMR a clamé dans tous les médias que l'enfer était sur le Plateau, pas de stationnement (il y a toujours 24 000 places gratuites au moment où on se parle) pas de déneigement, et un maire tyrannique et anti-démocratique. Il est important de noter ici que ce même directeur a refusé de participer à des comités de travail avec des citoyens et des élus, ou il  s'en est retiré en claquant la porte.

    Rappelons qu'au départ, la SDAMR appuyait les mesures d'apaisement de la circulation. Mais tout à coup, l'augmentation du tarif des parcomètres est venue mettre le feu aux poudres et là nous sommes tombés dans des actions vraiment disgracieuses. Des commerçants ont perdu des clients et des blessures demeurent toujours ouvertes grâce aux grandes habiletés de relations publiques du directeur de la SDAMR. Toute cette histoire fut finalement "gérée" par le maire Tremblay qui en bon père de famille a tout arrêté suite au lobby des sociétés de développement commercial, et fait signer une entente à l'arrondissement PMR. 

    L'entente  dit ceci:
    1. L'arrondissement PMR étalera sur deux ans la hausse de 1$ du tarif des parcomètres sur le réseau local ; précision importante, l'arrondissement n'exerce aucun pouvoir sur les artères St-Denis, Parc, St-Laurent. L'avenue du Mont-Royal fait partie du réseau local sous la responsabilité  l'arrondissement ;
    2. 100% des nouveaux revenus générés par cette hausse et par l'ajout de nouveaux parcomètres sur le réseau local seront retournés à l'arrondissement ;
    3. Quant aux parcomètres sur le réseau artériel, les commerçants estiment qu'il y aurait davantage de cohérence à ce que les montants soient les mêmes que sur le réseau local, les rues s'entrecroisant, et demandent donc au maire de Montréal d'ajuster les tarifs en conséquence. L'augmentation serait versée dans un fonds servant à la vitalité économique des SDC et des artères commerciales de l'arrondissement ;
    4. Grâce à cette entente intervenue, l'arrondissement n'aura pas recours à une taxe spéciale.

    Voilà pour les faits. Les méthodes de calcul complexes de la ville-centre semblent toutefois avoir fait en sorte que l'arrondissement ne recevra pas 100% des nouveaux revenus générés, tel que convenu. Cette entente n'étant pas respectée, le lobby des SDC pour mieux tirer leur épingle du jeu nous précipitent vers une taxe spéciale. Mais elles continueront de bénéficier d'un apport financier important avec le fonds créé à leur intention et dont on ne connait pas encore le mode de gestion. L'art de se tirer dans le pied et celui de son client! Pour nous citoyens payeurs de taxes foncières, rien, pas de petit fonds pour nous permettre de nous revitaliser!!!

    Les services que doit rendre un arrondissement se financent à partir de revenus et ces revenus proviennent de la dotation, c'est-à-dire ce que la ville-centre nous retourne une part des revenus que nous générons en taxes foncières, stationnement, etc. Or, ces revenus que nous générons augmentent chaque année (principalement avec la taxe foncière selon l'évaluation municipale qui augmente, etc.) mais le retour de ces taxes à l'arrondissement baisse toujours.

    Dans le budget d'opération de l'arrondissement, il faut assumer les coûts relatifs à l'augmentation des salaires et celles relatives aux fonds de retraite et autres avantages sociaux compris dans les conventions collectives des cols bleus, cols blancs, policiers et pompiers. Une grosse facture qui augmente chaque année. S'ajoute à cela l'augmentation normale du coût de la vie, des contrats, de l'essence, du chauffage, de l'entretien, etc.

    Le maire de Montréal garde notre argent et dit aux arrondissements que ce n'est pas son problème, que c'est du chialage et qu'ils n'ont qu'à mieux gérer leurs affaires. Le conseiller Deschamps responsable du développement économique assure les commerçants de son appui indéfectible. Et nous les payeurs de taxes, qui va nous accorder son soutien indéfectible ? 

    Jamais on n'aborde l'épineuse question de la capacité de générer des revenus. Dans l'arrondissement St-Laurent où il y a de grands parcs industriels et du terrain pour développer encore de l'habitation, ça peut aller, mais dans des quartiers centraux comme le nôtre, déjà hautement densifiés, les revenus générés par de grands projets immobiliers, il faut oublier ça. Et que reste-il? Le stationnement, la tarification des services, une taxe spéciale?

    Ce n'est pas aux maires d'arrondissement qu'il faut s'en prendre, mais bien à la ville-centre. C'est au conseil de la ville-centre qu'il faut se présenter le 26 septembre prochain, pour réclamer des modifications majeures au système qui démontre, dix ans plus tard,  qu'il est inéquitable autant qu'il est inefficace et nous mène tout droit vers des déficits et des affrontements plutôt qu'à la reconstruction d'une ville en retard d'au moins 40 ans sur les autres métropoles du monde. Et surtout, surtout, il faut soit en finir avec le régime spécial qui a été accordé aux anciennes villes et réduire leur dotation budgétaire, soit augmenter à parité la dotation des arrondissements de l'ancienne ville de Montréal.  Il n'y a pas d'autre solution.


    Une fois ce contexte établi, revenons maintenant à ce que pourrait faire la SDAMR de l'argent qu'elle pourrait recevoir du fameux "fonds de stationnement". D'entrée de jeu, précisons que la SDAMR avait déjà entre les mains depuis février 2010 une analyse de positionnement réalisée par le Groupe Altus ainsi qu'un plan de marketing (décembre 2010). Et bien que nous en doutions, nous souhaitons sincèrement que ses membres possèdent aussi  cette information.

    Rappelons-nous que le directeur de la SDAMR a clamé sur toutes les tribunes que les principaux compétiteurs de l'AMR sont le Quartier Dix-30, les centres commerciaux de Laval, etc. Et ces faussetés ont été largement reprises par des commerçants, des citoyens, des journalistes, alouette !...  L'étude démontre au contraire que les principaux compétiteurs de l'AMR sont les autres artères commerciales du Plateau comme St-Denis, Laurier, St-Laurent et bien sûr, le centre-ville. On y apprend également que le stationnement n'est PAS l'élément-clé du développement de cette belle artère commerciale longue de 2km et qu'elle est à la fois une artère de proximité et de destination: "Avec ses 418 établissements commerciaux totalisant 874 438 pieds carrés de superficie brute, elle se hisse également parmi les destinations commerciales importantes de la métropole".[1]

    Au chapitre des recommandations, on mentionne l'importance de développer le créneau artère de proximité et qu'il y a encore beaucoup de place pour les commerces  du secteur de l'alimentation et plus particulièrement du type équitable et écologique. On ajoute que 92% des résidents sondés désirent un marché public mettant en vedette les producteurs locaux. Dans le créneau artère de destination, on recommande l'embauche rapide d'un agent recruteur afin de faire un démarchage efficace de nouveaux commerces contribuant à la vitalité commerciale. En quelque sorte, attirer une boutique Apple plutôt qu'un A&W. Finalement, il faut établir des lignes directrices d'aménagement (façades, enseignes, mobilier urbain, affichage) qui véhiculent l'image d'une destination commerciale d'avant-garde et distinctive. On est bien loin de la vente-trottoir, genre marché aux puces bancal,  début  septembre sur Mont-Royal...


    Donc, PMV demande : Que fera la SDAMR avec ce nouveau financement ? Développera-t-elle une vision et un plan de développement commercial qui réponde à la fois aux besoins des commerces existants tout en consolidant et développant l'offre actuelle? Travaillera-t-elle avec les résidents, les consommateurs, la Corporation de Développement Économique Communautaire (CDEC), avec les élus et les fonctionnaires de l'arrondissement ou fera-t-elle encore cavalier seul ?

    Il est grand temps de bâtir quelque chose d'aussi fort que notre sentiment d'appartenance au quartier. Tout le monde sera gagnant. Cessons de nous quereller et construisons ensemble un milieu de vie et une destination commerciale unique et originale et que ceux qui n'en ont que pour les petits pouvoirs et les miteux rapports de force se tassent.


    Linda Vallée,
    pour PMV


    [1] Analyse de positionnement commercial, Avenue du Mont-Royal. Groupe Altus 2010